Tout savoir sur une migration vers le cloud réussie

Published by Gabrielle Guerrini on

Tout savoir sur un move to cloud réussi

Face à des clients toujours plus exigeants, et à des enjeux économiques conséquents, la migration vers le cloud n’est plus une option réservée aux entreprises à la pointe de la modernité qui souhaitent gagner en productivité. Il s’agit désormais d’un passage obligé lors de la transformation digitale permettant de renforcer l’agilité des entreprises et leur permettre d’optimiser les coûts tout en étant plus performantes.

Plusieurs questions se posent dès que l’on aborde le sujet et cet article vous apportera les réponses à chacune :

  • De quoi s’agit-il ?
  • Pourquoi migrer vers le cloud ?
  • Quelles sont les contraintes et les prérequis ?
  • Comment s’y prendre ?
  • Quel est le rôle du/de la Chef de projet ?

I. De quoi s’agit-il ?

Le principe du cloud consiste en l’externalisation de tout ou une partie du système d’information (SI) et des applicatifs attenants dans le cloud.

Il s’agit d’héberger les systèmes, données et applicatifs métiers sur des serveurs distants mis à disposition par un fournisseur, les rendant ainsi accessibles depuis n’importe quel endroit à partir du moment où vous disposez d’une connexion internet.

On parle ainsi de plusieurs types d’infrastructures et de services cloud, les principaux étant :

1. Les types d’infrastructures cloud

  • Cloud public : les ressources informatiques de l’entreprise sont stockées sur des serveurs partagés entre plusieurs clients, et accessibles via Internet. Il s’agit d’un modèle évolutif et moins coûteux, mais permettant toutefois moins de contrôle sur les aspects sécurité.

  • Cloud privé : contrairement au type précédent, il est dédié à un seul client, présentant un niveau de sécurité plus important. Le cloud privé est administré par l’entreprise elle-même ou un prestataire de services. Il est plus coûteux.
  • Cloud hybride : l’entreprise utilise à la fois le cloud privé et le cloud public pour tirer profit des avantages de chaque type. Ce modèle peut s’avérer le plus rentable s’il y a une bonne répartition des ressources informatiques.

2. Les services cloud

  • Iaas (Infrastructure-as-a-Service) : le système informatique est externalisé dans son ensemble et hébergé dans le cloud. Celui-ci comprend la partie software (logiciels et applications) mais aussi la partie hardware (serveurs et réseaux). La maintenance et les opérations de mises à jour sont intégralement prises en charge par le fournisseur cloud. Ce service permet aux entreprises de s’affranchir des coûts d’acquisition du matériel informatique.
  • Paas (Platform-as-a-Service) : permet de disposer de machines préconfigurées avec les OS ou encore des applications middleware tels que des bases de données ou des serveurs. Cette solution va plus loin que l’IaaS car au-delà de l’infrastructure, c’est bien l’environnement du logiciel (développement et déploiement) qui sera maintenu dans le cloud.
  • Saas (Software-as-a-Service) : il s’agit de la solution cloud mettant à disposition des briques logicielles payables à l’usage par les collaborateurs par le biais d’une interface distante, accessible grâce à une simple connexion internet.

II. Pourquoi migrer vers le cloud ?

Si nous avons une conviction sur le sujet du cloud à partager, c’est que ce dernier présente de nombreux avantages et opportunités pour les entreprises.

A travers notre vaste expérience sur les sujets cloud, et au-delà des facteurs techniques, technologiques, économiques ou encore réglementaires, nous avons pu conclure que les principaux moteurs d’une migration vers le cloud pour les entreprises sont l’atteinte d’un haut niveau d’agilité et d’innovation, favorisant la concentration des effectifs sur des projets à forte valeur ajoutée (big data, IA…) et à moindre coûts, et permettant ainsi une différentiation par rapport à la concurrence.

Nous tenons toutefois à citer quelques facteurs constituant les éléments de réflexions pour aller vers le cloud :

  • Coûts: l’adoption des solutions cloud permet une optimisation du budget informatique (moins de matériels/logiciels, moins de maintenance…).
    A noter également le gain en termes de gestion et de maîtrise des coûts liés au cloud grâce au modèle du payer à l’usage.
  • Flexibilité/évolutivité: pas besoin de se soucier des limites des capacités d’infrastructure classique (stockage, compute, réseau…), le cloud offre des solutions souples s’adaptant en temps réel et de façon transparente aux exigences des utilisateurs, sans oublier la simplification de la gestion technique associée.
  • Sécurité/disponibilité: Les infrastructures cloud offrent des solutions d’automatisation, de sauvegarde et de redondance permettant de garantir la disponibilité des données et des systèmes en permanence, ou d’une reprise/continuité d’activité en cas d’incident majeur/sinistre.
    L’aspect sécurité est également couvert par des solutions adaptés (SIEM, Bastion…) et des prises en charges des réglementations en la matière.
  • Accessibilité/expérience client: les ressources SI de l’entreprise sur le cloud sont accessibles partout (via internet). Des solutions clé en main (ex : outils collaboratifs en mode SaaS) sont disponibles à l’usage. Ces éléments favorisent l’autonomie pour les utilisateurs et une meilleure flexibilité du travail au quotidien.
  • Innovation/agilité: L’entreprise étant libérée de plusieurs éléments de gestion de son infrastructure, ses ressources sont plus agiles et ses forces sont concentrées sur de sujets plus innovants et à forte valeur ajoutée au cœur du métier de l’organisme.

III. Comment s’y prendre ?

La migration vers le cloud peut s’avérer un sujet stressant compte tenu de sa complexité et des enjeux qui en découlent. Il est donc indispensable d’adopter une démarche pragmatique lors de la préparation de cette transition et des éléments favorisant la réussite de ce changement.

Voici notre checklist en 8 points pour conduire au mieux ce projet de migration :

  • S’assurer d’avoir un bon niveau de culture sur le cloud au niveau de l’entreprise (cascader au maximum).
  • S’allier à un partenaire de qualité pour apporter son expertise et accompagner l’entreprise dans ce projet de transformation.
  • Définir la stratégie d’entreprise derrière cette migration vers le cloud (économiques, technologiques…).
  • Décliner cette stratégie et la traduire en objectifs métiers afin d’en tirer les prérequis et contraintes.
  • Préparer le projet de migration et définir la stratégie de migration du SI.
  • Conduire et contrôler le projet de migration.
  • Mettre en production, exploiter et optimiser les ressources SI sur le cloud.
  • Réaliser un REX et repartir dans une démarche d’amélioration continue.

Allons-y plus en détails :

1. La découverte

Toute entreprise ayant fait le choix stratégique de migrer vers le cloud est confrontée à plusieurs contraintes. Celles auxquelles nous avons été confronté·e·s et avons apporté des réponses/solutions sont :

  • Méconnaissance des technologies cloud
  • Résistance au changement
  • Contraintes de sécurité, de réglementation
  • Contraintes budgétaires
  • ..

Les premières actions à entamer dans le cadre de cette étape visent à une acculturation : formations, présentations, salons et conférences… au niveau de l’entreprise par rapport aux technologies du cloud et des bénéfices qui y sont associés, en les comparant avec les infrastructures actuelles.

Il est également important de décliner la stratégie d’entreprise pour la migration vers le cloud au niveau des collaborateurs, afin d’en montrer les bénéfices sur leur travail au quotidien: autonomie, innovation, facilité et rapidité,…

La migration vers le cloud nécessite des connaissances, des outils et des expertises spécifiques pour garantir le succès de ce projet d’entreprise. Cette dernière est alors amenée à faire deux choix cruciaux :

  • Choisir le bon partenaire pour prendre en charge l’accompagnement de l’entreprise dans cette transformation, depuis la phase d’étude du projet et jusqu’à la mise en services sur le cloud.
    Ce choix portera essentiellement sur le niveau d’expertise sur les technologies du cloud, sur ses partenariats avec les fournisseurs, ainsi que sur ses retours d’expériences sur les sujets de migration vers le cloud.
  • Choisir le(s) fournisseur(s) de solutions cloud: MS Azure, AWS, GCP, OVH… permettant de répondre au mieux aux exigences en termes de performances, sécurité, disponibilité, polyvalence, coûts…

2. La préparation

Au travers de cette étape, l’entreprise doit réaliser l’étude de faisabilité du projet de migration vers le cloud. Cela se traduit concrètement par :

  • Faire l’état des lieux de l’architecture SI actuelle et réaliser l’inventaire de ses composants (matériels et logiciels)
  • Identifier et catégoriser les systèmes et applications selon leurs criticités, et recueillir les exigences métiers qui lui sont associés
  • Vérifier la portabilité (ou non) des solutions actuelles vers le cloud
  • Recenser les prérequis techniques en termes de performances, réseaux, sécurité, stockage…
  • Vérifier les aspects réglementaires (RGPD) en matière de gestion des données

Ces éléments une fois réunis serviront à déterminer les points suivants :

  • Le portefeuille des différents cas d’usages à intégrer dans le cadre du projet de migration cloud
  • La feuille de route d’implémentation du projet de migration et du passage en production
  • La stratégie de migration à adopter
  • L’estimation des coûts de réalisation

    3. La stratégie

    Partant des éléments obtenus dans la phase de préparation, et tenant compte des différents types d’infrastructures et services cloud expliqués plus haut, l’entreprise est capable de déterminer le(s) scénario(s) de migration les plus appropriés à ses attentes en termes de qualité des services rendus, de rentabilité, de profitabilité et du temps de transition.

    Voici les différentes stratégies de migration possibles :

    • Rehost (lift and shift): il s’agit de redéployer l’existant à l’identique (as is) dans le cloud. Cette méthode repose essentiellement sur le service IaaS et permet un démarrage rapide dans le cloud. Plutôt adaptée à un contexte où l’on souhaite réduire les coûts sans forcément tirer pleinement parti des avantages du cloud.
    • Replatform : cette méthode consiste à modifier au minimum les applications et les optimiser pour mieux tirer parti du cloud, sans se soucier des couches basses (infrastructure). Reposant sur des services PaaS, ce type présente des gains en termes d’automatisation des déploiements, de portabilités du code…
    • Refactor: cette méthode de migration s’avère la plus longue et la plus complexe, puisqu’il s’agit de repenser l’architecture applicative pour une réécriture avec une approche « cloud native ». Elle permet toutefois de tirer pleinement profit des avantages des services cloud, et de gagner en agilité et en évolutivité.
    • Repurchase: Le choix peut se porter sur le remplacement d’une application legacy par un autre service sur le cloud, présentant les mêmes fonctionnalités tout en profitant des avantages du cloud.
    • Retire: cette méthode vise à décommissionner les éléments en fin de vie et qui ne seront plus utilisés.
    • Retain: le choix de ne pas migrer certains éléments du SI est également valable, pour des applications critiques par exemple ou encore pour des raisons de sécurité/réglementation.

    4. L’exécution

    Un des éléments clés de la réussite du projet de migration vers le cloud repose sur bonne planification et une parfaite coordination de toutes les parties prenantes.

    Le but étant que chacun sache précisément ce qu’il a à faire, avec des échéances et une montée progressive, jalonnée avec tests. Le·la Chef de projet responsable de cette migration joue le rôle principal pour assurer cette mission.

    La réalisation concrète du projet doit commencer par un PoC (proof of concept) permettant de valider les choix techniques et stratégiques lors des phases précédentes, et d’identifier les éventuels blocages et ajustements à traiter (complexité de migration, performances, sécurité, …).

    Attention, cette phase pilote doit être réalisée sur un environnement simple et non critique vis-à-vis de l’activité de l’entreprise, afin d’éviter tout impact business.

    Ce retour d’expérience permet d’affiner et de valider le design final de l’architecture sur le cloud, le plan d’implémentation globale et de donner le feu vert pour l’intégration des différents environnements (développement, recette et production).

    Le déploiement de l’environnement cloud se poursuit donc en assurant l’approvisionnement, la connexion et les tests de tous les composants (de stockage, de calcul, de base de données, de sécurité…)

    A noter les éléments d’attention suivants à vérifier en permanence tout au long du projet :

    • Assurer la sauvegarde des composants (systèmes et données) afin de garantir la disponibilité des services et de permettre un retour en arrière en cas de souci ;
    • Vérifier les configurations post-migration et documentation des procédures ;
    • Veiller en permanence à la sécurité des systèmes et des données ;

    Dans une démarche itérative, il est important d’évaluer et d’ajuster les points suivants :

    • Vérifier et valider les livrables auprès des utilisateurs finaux
    • Réévaluation des coûts et des délais du projet de migration

    5. L’exploitation

    Il s’agit d’une brique essentielle est qui est souvent négligée lors de la phase de préparation du projet.

    En effet, après une migration réussie, les outils et les processus d’exploitation doivent être revus pour administrer, optimiser et maintenir en conditions opérationnelles (MCO) le nouvel environnement (disponibilité, sécurité, fiabilité, coûts…).

    On note dans ce sens :

    • La mise en place de systèmes de monitoring et de sauvegarde des ressources sur le cloud
    • Idem pour la gestion de la sécurité : SIEM, gestion des accès et des privilèges…
    • Production et/ou mise à jour des documents et procédures d’exploitation et de MCO
    • Mise à jour des processus de gestion des services (incidents, changements, configurations, capacity, …)
    • Mise en place d’une gouvernance du cloud pour la gestion capacitaire et financière
    • Formation aux équipes sur les évolutions (techniques et processus)
    • Tirer profit du support et de l’expertise des fournisseurs et des partenaires

    IV. Quel rôle pour le·la Chef de projet ?

    Partant de notre propre expérience, le·la Chef de projet responsable de la migration cloud joue le rôle d’un vrai chef d’orchestre, vu le travail de pilotage et de coordination à assurer auprès de l’ensemble des contributeurs et des contraintes à prendre en considération pour déployer les solutions dans le respect des objectifs définies.

    Nous sommes donc amenés à :

    • Jouer un grand rôle d’analyse et de compréhension de l’existant
    • Accompagner le client dans le cadrage du besoin et en être le porteur
    • Assurer le relai entre les différentes parties prenantes pour faire converger les idées vers un objectif commun
    • Challenger les solutions proposées pour garantir un alignement avec les attentes client
    • Être garant du respect de la démarche de conduite du projet (PoC, tests et recettes, livrables…)
    • Faire un point de situation régulier afin de détecter les éventuels ajustements à apporter au cours du projet de migration.

    En conclusion, nous pouvons affirmer qu’un projet de migration vers le cloud s’inscrit dans une démarche d’amélioration continue, impliquant les collaborateurs à tous les niveaux d’entreprise, et tenant en compte les retours d’expériences sur les réalisations afin d’en définir les prochaines évolutions et optimisations.

    V. Retour d’expérience d’Housna MANAR, Consultante EVA Group sur sa gestion d’un projet de migration d’assets vers le cloud

    En tant que Consultante / Chef de projet chez EVA Group, j’ai eu l’opportunité d’accompagner un de nos clients industriels dans la migration de sa filiale chinoise vers le datacenter as a service (DCaaS), avec la solution Alibaba Cloud.

    Mon rôle était principalement de piloter ce projet d’intégration au cloud, aussi bien sur les plans techniques que fonctionnels.
    J’ai accompagné le client dans le suivi des équipes locales et du prestataire chargé d’effectuer la migration.

    Au quotidien, j’étais responsable de :

    • La gestion du planning et du suivi des échéances définies, 
    • Le pilotage des équipes techniques prestataires en France et en Chine,
    • Le contrôle de la qualité des livrables et des prestations fournis par l’intégrateur.

    D’autre part, j’étais amenée à organiser et animer les réunions et ateliers afin d’identifier les risques potentiels et anticiper leur gestion avec le client afin d’éviter de mauvaises surprises.

    Enfin, avec le support d’un expert technique, nous étions chargés d’apporter un soutien technique au client, et ainsi être en mesure de challenger le prestataire au besoin.

    Un des facteurs de complexité du projet résidait dans le grand décalage horaire entre la France et la Chine, qui fait que nous n’avions qu’une demi-journée commune par jour de travail.

    Cependant, nous avons réussi à accompagner le client dans son souhait de migrer les assets de sa filiale Chinoise vers le cloud Alibaba. Cela à travers un projet conduit en anglais dans son intégralité, qui a duré 8 mois, et à l’issu duquel le client a pu facilement reprendre le lead sans assistance.

    Tarik RHARHA
    Consultant, Chef de projet EVA Group

    Housna MANAR Consultante, Chef de Projet EVA Group

    Categories: EVATECH